Revisiter les matériaux des espaces de travail : une tendance

Le 02 Novembre 2016 à 16:30



Erik Orsenna commence son livre « voyage aux pays du coton » par cette confession : « Les matières premières sont des cadeaux qui parlent (...) Elles nous chuchotent toutes sortes d’histoires à l’oreille. Il était une fois...»


Chaque personne a une relation particulière à un matériau : un souvenir, une expérience, une rencontre. Quand est il de sa perception dans un espace de travail ? Que peut signifier la « revisite » d’un matériau ? Quelles matières se trouvent dans un espace de travail ? Du bois, du métal, du textile sont les matériaux qui viennent en premier à l’esprit. Sous l’impulsion, d’un part, d’une tendance éco-responsable, RSE (Responsabilité Sociétale de l’Entreprise) et, d’autre part, de recherches de nouvelles expériences tant visuelles que sensorielles, naissent de « nouvelles histoires » véhiculées par des matériaux. Des matériaux dits nouveaux ou revisités qui donnent ainsi la possibilité de « ré-enchanter » en quelques sortes les espaces de travail.


D’un côté, une tendance à la simplicité, le naturel, le respect de l’environnement et d’un autre côté, un effet « teck and tech. » qui amènent une recherche de haute technologie ( voir précédent article sur les matériaux qui se technicisent) et de revisiter les matériaux d’une autre manière, plus brut, sans artifice ou issu de recyclage et/ou de réutilisation. Lors de l’ouverture du musée des Arts Premiers du Quai Branly, les visiteurs avaient ainsi pu découvrir les murs et ou cloisons en cuir « végétal » et brut tout au long des galeries comme un fil conducteur pour une expérience originelle.

Photo : Réalisation cuir végétal, cuirothèque, Paris « le cuir travaillé dans toutes ses formes dans les bureaux »

Le cuir, qui (se) végétalise

Le cuir avait quitté, hormis certains fauteuils, les espaces de travail en général. Aujourd’hui, il peut retrouver sa place différemment comme un allié d’un design renouvelé. Patrick Nadeau, designer, a mis en place une cuirothèque à Paris comme référent pour tout professionnel souhaitant (re)-connaître ce matériau très ancien mais qui, aujourd’hui, peut, sous forme végétale, répondre aux exigences environnementales et de biodégradabilité. La visite par les professionnels de cette cuirothèque est possible au Centre du Cuir et de la mégisserie française, et ainsi découvrir tous types de cuirs dont ceux, dits justement, à tannage végétal. (voir article la cuirothèque de paris et le cuir sous toutes ses formes)


L’assemblage de matériau hautement technologique comme des vitres dites « intelligentes » pour des présentations en salle de réunion alliées à la présence de cuir brut, comme des cloisons recouvertes de cuir, pourraient amener à se demander lequel de ces deux matériaux, finalement, met le plus en valeur l’autre ?



Le textile, qui (se) renouvelle

Le textile est, aussi, issue d’une industrie traditionnelle qui voit à la fois de nouvelles technologies apparaître avec les textiles dits « intelligents » mais également avec l’utilisation de nouvelles matières premières brutes, comme par exemple le lin et chanvre. « 80% de la production mondiale de fibre de lin est d’origine européenne et la France en est le leader mondial. Le lin, un produit rare qui représente moins de 1% des fibres textiles consommées dans le monde. » Selon le site de la Confédération Européenne du Lin et du Chanvre.
Ses caractéristiques physico-mécaniques intéressent d’autant que ses applications sont multiples : création d’objets, de meubles...L’utilisation de textile de lin peut apporter une note de simplicité et ainsi participer à la démarche RSE de l’entreprise dans la mesure où la fibre est produite à proximité et qu’elle ne nécessite pas de traitements chimiques en particulier. (hormis s’il y est fait le choix d’une teinture, dite non « naturelle ».)



Le bois, qui (se) compte

L’utilisation brute du bois comme le cuir et le textile pour une nouvelle mise en valeur de la modernité. Des cloisons, des murs à l’aspect brut comme un nouvel écrin des installations high tech des espaces de travail qui peuvent ainsi se réinventer. Depuis quelques années, la filière bois s’organise via deux labels de qualité : FSC et PEFC garantissant la « bonne gestion » des forêts et le respect des essences. Un autre pas pour une entreprise qui souhaite mettre en place une politique de Responsabilité Sociétale tout en garantissant le meilleur des designs.



Ce contraste de technologie et de naturel est une tendance qui dure et semble s’installer dans le paysage des espaces de travail en accord avec les politiques dites durables des entreprises. D’autres pistes issues de nouvelles utilisations comme le carton revisité, ou encore des briques en matériau de plastique recyclé... De partout apparaissent de nouvelles habitudes pour une offre renouvelée des matériaux des espaces de travail, laissant ainsi une belle part à la créativité des space-planners et agenceurs de bureau.



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